Vigne et olivier
Dix huiles d’olive parmi les plus rares de France
Un classement établi sur trois critères, la rareté du sol, la taille du verger et le volume produit, avec une source pour chaque chiffre.
La France produit environ 5 700 tonnes d’huile d’olive par an, soit moins de 0,2 % de la production mondiale. Dans ce petit volume, certaines huiles sont plus rares encore : un sol que presque aucune oliveraie ne partage, quelques centaines d’arbres, une appellation qui tient en quelques dizaines de tonnes. Voici notre classement de dix huiles d’olive françaises parmi les plus rares.
Ce classement est publié par La Font des Ormes, qui produit les huiles classées première et troisième. Les faits qui les placent là sont donnés ci-dessous, avec ceux des huiles voisines, pour que chacun juge sur pièces.
Nos critères
Trois critères, par ordre d’importance : la rareté du sol ou du lieu, la taille du verger, et le volume produit. Les chiffres viennent de France Olive, de l’INAO et du ministère de l’Agriculture, sources citées à chaque fois. Quand deux sources se contredisent, nous le disons.
Pour situer : le ministère de l’Agriculture a relevé 5 700 tonnes d’huile produites en France sur la campagne 2024/2025 (la filière oléicole française). Le Conseil oléicole international estime la production mondiale à 3,57 millions de tonnes sur la même campagne (statistiques du COI, janvier 2026).
1. La Font des Ormes, fruité vert, huile d’olive sur basalte (Hérault)
À Caux, près de Pézenas, environ six cents oliviers poussent sur quatre hectares, sur une coulée de basalte posée sur le calcaire du Miocène, le même sol que les vignes du domaine. Nous n’avons trouvé aucune autre huile française qui revendique un sol volcanique ; cela ne prouve pas qu’il n’en existe pas, mais cela fait de celle-ci une exception, quand l’Italie en a fait une appellation, la DOP Monte Etna. Sept variétés, dont cinq languedociennes : Lucques, Olivière, Picholine, Verdale de l’Hérault, Clermontaise, avec le Bouteillan et l’Aglandau. Le fruité vert vient d’olives cueillies avant leur pleine maturité et triturées au Moulin de la Dentelle, à Villeveyrac : une huile riche et ardente, sur le caractère minéral du basalte. Le fruité vert, 50 cl.
2. L’huile de l’abbaye de Lérins, île Saint-Honorat
Au large de Cannes, l’île Saint-Honorat compte environ deux cents oliviers, dont certains seraient âgés de huit cents à mille ans (SMILO). Les moines en tirent une huile vendue dans les boutiques de l’abbaye. Le Cailletier domine, aux côtés de variétés que l’on ne retrouve que sur l’île. Peu d’huiles françaises reposent sur un verger aussi petit et aussi ancien.
3. La Font des Ormes, fruité mûr, huile d’olive sur basalte (Hérault)
La même oliveraie de Caux, le même basalte et les mêmes sept variétés, cueillies plus mûres. Des arômes de fruits secs, une intensité équilibrée : une huile qui accompagne sans couvrir, pour la cuisine de tous les jours. Elle partage la rareté de son sol avec le fruité vert ; elle passe derrière Lérins parce que son verger est plus grand que celui de l’abbaye. Le fruité mûr, 1 L. Le terroir et les variétés sont racontés sur la page Une huile d’olive française née sur une coulée de basalte.
4. L’huile des vergers de collection de Porquerolles
Sur l’île de Porquerolles, le Parc national de Port-Cros entretient une collection de cent cinquante variétés d’oliviers et cent d’oléastres sur huit hectares, la collection de référence nationale (Sauvegarde des forêts varoises). L’huile qui en sort assemble des variétés qu’aucun verger de production ne réunit.
5. L’AOP Huile d’olive de Nice
Issue à 95 % du Cailletier, l’appellation de Nice compte parmi les plus petites de France : France Olive l’évalue à 25 tonnes par an pour 30 000 oliviers (huiles-et-olives.fr). D’autres sources donnent un volume nettement supérieur ; l’écart tient sans doute à la campagne et au périmètre retenus.
6. L’huile de Corse « récolte à l’ancienne »
Dans l’AOP Oliu di Corsica, environ 100 tonnes par an, une mention distingue les huiles d’olives tombées naturellement dans des filets tendus sous de vieux arbres : Sabine, Ghjermana, Capanace, Zinzala. Aucune source publique ne chiffre le volume de cette seule mention, mais le mode de récolte la limite par construction.
7. L’AOP Huile d’olive de Nîmes
Picholine à 70 % au moins, avec la Négrette et la Noirette : environ 50 tonnes par an, sur 70 000 oliviers engagés dans l’appellation (France Olive).
8. L’AOP Huile d’olive du Languedoc
La plus récente des appellations d’huile, enregistrée en octobre 2023 : 192 hectares, 40 000 arbres, une centaine d’oléiculteurs et sept moulins sur l’Aude et l’Hérault (INAO). La Lucques et l’Olivière y dominent.
9. La Clermontaise en monovariétale
Variété de l’Hérault qui porte le nom de Clermont-l’Hérault, la Clermontaise se trouve rarement seule en bouteille. La coopérative L’Oli d’Oc en propose une cuvée (L’Oli d’Oc). Aucune source ne chiffre les arbres ou les volumes : sa rareté tient à l’aire étroite de la variété.
10. La Verdale de l’Hérault en monovariétale
France Olive situe la Verdale de l’Hérault dans le seul département de l’Hérault (France Olive, SITEVI 2025). Elle entre dans beaucoup d’assemblages locaux, mais rarement seule.

